Selon l'Inspection générale, les vacataires assurent environ 20 % des heures d'enseignement, mais leur nombre reste « difficilement mesurable faute d'un suivi homogène » (rapport de juin 2025). Nous avons donc cherché les chiffres nous-mêmes, dans les documents publiés par les universités et dans ceux que nous leur demandons. Cette page en rend compte en trois parties.
Les données reçues, telles que les établissements les publient dans leurs propres rapports.
En 2024, les vacataires ont assuré 9 312 heures d'enseignement sur environ 28 550 : près d'une heure sur trois. Le service statutaire des enseignant·es permanent·es n'en couvre qu'un peu plus de la moitié. La part des vacations est stable depuis 2023 (32,4 %), tandis que les heures complémentaires des permanent·es augmentent fortement : +73 % en 2023, +14 % en 2024, selon le rapport.
Source : rapport social unique 2024 de Sciences Po Bordeaux, p. 11 (heures équivalent TD), transmis le 29 octobre 2026 en réponse à notre demande. Total et pourcentages calculés par nous. Les 9 312 heures incluent 1 172 heures assurées par des personnels de l'université de Bordeaux.
L'université présente 4 853 vacataires d'enseignement comme des « collaborateurs ponctuels », pour un potentiel de 116 276 heures. Elle compte 3 387 personnels d'enseignement et de recherche, titulaires et contractuel·les. Autrement dit, environ six personnes sur dix qui enseignent à l'université de Bordeaux sont vacataires. L'université examine notre demande de données plus détaillées.
Source : rapport social unique 2025 de l'université de Bordeaux, annexe « Chiffres clés », transmis par l'université le 27 octobre 2026 en réponse à notre demande. La proportion est calculée par nous sur les effectifs, pas sur les heures : beaucoup de vacataires n'assurent que quelques heures.
Selon Ouest-France, 1 987 enseignant·es vacataires travaillent à l'université Rennes 2. Notre propre demande à l'université est en cours.
Source : Ouest-France, 24 octobre 2026.
Nous ne contestons ni les primes des collègues titulaires, qui rémunèrent de vraies responsabilités, ni le recours ponctuel à des prestataires. Mais ces chiffres publics montrent que l'argent existe quand l'université le décide, alors que les vacataires restent payé·es 43,50 € brut l'heure de TD, un taux censé couvrir aussi la préparation et les corrections, et que leurs surveillances d'examen sont souvent non rémunérées.
Le conseil d'administration du 1er juillet 2026 fixe les primes de fonction des enseignant·es-chercheur·ses titulaires. Un vice-président statutaire touche 10 500 € par an, soit environ six mois de salaire net d'un·e ATER. Un président de département, jusqu'à 8 750 €. Une responsabilité de master, 3 500 €.
Surtout, la délibération convertit chaque prime en heures de cours : 3 500 € valent 35 heures de cours magistral. Une heure de responsabilité y vaut donc 100 €. Une heure de TD assurée par un·e vacataire est payée 43,50 € brut, et une heure de cours magistral, qui compte pour 1,5 heure de TD, environ 65 €.
Ces primes rémunèrent des responsabilités réelles, et nous ne les contestons pas. Mais elles montrent ce que l'université sait payer, et ce qu'elle refuse aux vacataires.
Source : délibérations du conseil d'administration de l'université Paris-Panthéon-Assas du 1er juillet 2026, publiées sur le site de l'université (référentiel d'équivalences horaires et composante fonctionnelle C2 du RIPEC, à compter du 1er septembre 2026). Salaire ATER : environ 2 200 € brut par mois à temps plein (2 195 € selon l'université de Pau).
Montants annuels fixés par les conseils d'administration, relevés dans les délibérations publiées par chaque établissement (lien dans la dernière colonne). Certains sont des plafonds, plusieurs grilles datent de 2022 ou 2023 et ont pu être revalorisées depuis.
| Établissement | Vice-président·e | Direction de composante | Délibération (source) |
|---|---|---|---|
| Strasbourg | 11 597 € | 6 704 € | juin 2022 |
| Paris-Panthéon-Assas | 10 500 € | 7 000 à 8 750 € | juillet 2026 |
| Savoie Mont Blanc | 10 350 € | 9 603 € | février 2023 |
| Poitiers | 9 950 € | 8 300 € | septembre 2024 |
| Le Havre Normandie | 9 747 € | 9 747 € | 2026 |
| Paris-Est Créteil | 9 603 € | 9 603 € | mars 2025 |
| Orléans | 8 000 € | 9 300 € | juin 2024 |
| Artois | 9 000 € | 6 000 € | juillet 2026 |
| Lyon 2 | 8 800 € | 4 400 € | septembre 2023 |
| Toulouse Capitole | 3 000 € | 3 000 € | 2022-2023 (projet) |
Une prime de vice-président·e de 10 000 € correspond à environ 230 heures de TD payées à un·e vacataire. L'université de Bordeaux prévoit à elle seule une enveloppe de 1,6 million d'euros pour ces primes de fonction en 2026-2027 (délibération n° 2026-49).
À noter : la valeur d'une heure de responsabilité varie beaucoup. Selon les délibérations, elle est d'environ 41 à 43 € de l'heure à Paris 1, à Côte d'Azur ou à Sciences Po Aix, de 100 € à Assas et de 150 € à Orléans. L'argument n'est donc pas que les titulaires seraient trop payé·es, mais que ces mêmes universités ne rémunèrent pas à leur juste valeur les heures réellement travaillées par les vacataires.
Marchés publics déclarés par les universités dans la base nationale de la commande publique (data.gouv.fr). Ce sont des montants maximaux de contrats, pas des sommes forcément dépensées, et seuls les marchés déclarés y figurent.
| Université | Montant maximal | Objet | Date |
|---|---|---|---|
| Reims Champagne-Ardenne | 8 000 000 € | Ingénierie informatique, conseil et assistance à maîtrise d'ouvrage, sur 4 ans | 2024 |
| CY Cergy Paris | 1 400 000 € | Conseil et accompagnement, accord-cadre partagé entre trois cabinets, sur 4 ans | 2023 |
| Aix-Marseille | 600 000 € | Dispositif d'accompagnement (conseil en ressources humaines) | 2022 |
| Paris 1 Panthéon-Sorbonne | 560 000 € | Accompagnement de la stratégie de l'université (marché attribué par erreur à Assas dans la base nationale) | 2022 |
| PSL | 420 000 € | Accompagnement par une agence de communication, sur 12 mois | 2026 |
| Lorraine | 235 237 € | Accompagnement de l'université dans une réflexion, par PwC Advisory, sur 8 mois | 2021 |
Sources : délibérations des conseils d'administration publiées par chaque établissement ; données essentielles de la commande publique (data.gouv.fr), consultées le 30 octobre 2026. Nos demandes d'accès aux documents portent aussi sur les montants réellement payés.
Les établissements ont un mois pour répondre. Sans réponse, le silence vaut refus et nous pourrons saisir la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA). Échéances : du 25 au 28 novembre 2026 pour les 42 premières demandes, le 30 novembre pour les 15 suivantes.
Demandez en conseil d'administration que le rapport social publie le nombre de vacataires, leurs heures et les délais de paiement, et que l'université rende public ce qu'elle dépense chaque année en cabinets de conseil et en prestataires externes. Et dites-nous comment cela se passe chez vous.
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